Une immigration choisie ou une bourse de séparation?

Elle attend toujours le retour de son mari…       J’ai enfin décidé de dévoiler une partie de notre …

Elle attend toujours le retour de son mari…

Une immigration choisie ou une bourse de séparation?      Une immigration choisie ou une bourse de séparation?

J’ai enfin décidé de dévoiler une partie de notre vie, ma marraine et moi.

Si le souci de mieux reconstruire une maison emmène vraiment ses enfants à s’en aller, alors l’Eldorado, la richesse, le bonheur personnel, telles sont les raisons qui ont poussé le jeune africain, mon parrain, à n’être jamais revenu des U.S.A.

J’ai récemment appris de mon coach qu’ “une prise de responsabilité est prioritaire sur une opportunité à saisir.”!!!

Mon parrain, Mr Nel OUSSOU a trois filles avec ma marraine, une femme exceptionnelle magnifique et un peu trop gentille, pendant qu’il quittait l’Afrique pour le pays de l’oncle Sam avec une bourse d’étude post-doctorale. Mr Nel OUSSOU était un médecin en fonction dans une organisation non gouvernementale installée au Benin, dans l’ouest de l’Afrique. Sa passion pour la santé des autres l’a poussé très tôt à consacrer son quotidien aux personnes ne pouvant assurer la prise en charge complète de leur santé. Chargé du volet santé au sein de l’organisation dans laquelle il travaillait, il s’extasiait chaque jour à parler de son travail. Mon parrain, malgré son air toujours sérieux et important, prenait très souvent plaisir à parler de sa façon à lui de sauver les gens et cela, contre presque rien, car l’ONG prenait en charge, la moitié des frais des patients. Ces qualités lui auront bien valu cette bourse d’étude, que je pense qu’il a amplement mérité. Dans la famille, ce fut une joie. Toute la petite famille s’était impliquée pour son voyage avec un seul espoir. Celui de se revoir un nouveau jour très proche sous les cieux de New York tous ensemble en famille. Imaginez la splendeur! ouf… L’objectif était digne d’espoir. Et ma marraine attendra toujours ce plan, celui où son homme une fois installé, devait faire tout son possible pour rapprocher sa famille. C’était sa responsabilité!

Je me souviendrai toujours de la fameuse nuit du 20 Décembre où mon parrain devait prendre son vol à l’aéroport de Cotonou en direction des U.S.A.

C’était notre dernière prise de contact avec mon parrain, leur père, son mari. Il y a bientôt 8 ans…..

Monsieur OUSSOU arriva à New York et s’installa comme prévu. Au début, mon parrain nous appelait fréquemment. Des appels vidéos, de la messagerie mobile et aussi des mails. Il envoyait de l’argent à sa famille. Puis un moment après, c’était un silence absolu. Plus de nouvelle.

Ma marraine, fut obligée de se mettre au travail pour subvenir à ses besoins et à ceux des enfants. Voilà des années qu’elle n’avait plus fait des demandes d’emploi. Après une série d’entretiens dans de nombreuses entreprises sans succès, elle s’est résolue à investir le peu d’économie qu’elle avait fait de ce que son époux envoyait. Elle démarra donc sa propre entreprise de préparation de gâteaux et de jus de fruits « fait maison ». Elle les faisait si bien et avec tellement de soins que personne ne pouvait en prendre sans revenir encore et encore. Ma marraine gardait toujours espoir que son époux, que le père de ses enfants viendrait bientôt les chercher. Elle se faisait toutes les raisons de penser qu’il ne réagissait plus parce qu’il faisait beaucoup d’économies ou qu’il traversait des moments difficiles mais passagers. Mais ma marraine devait travailler dur pour en venir à bout. Elle devait être au four et au moulin, s’occuper à la fois des enfants, de son activité commerciale et d’elle-même….

Ma marraine est le manager, le comptable, le financier de son business. Timidement, ce qui était parti de rien est devenu la référence du quartier et même de la localité.

Cinq ans plus tard, la nouvelle tomba. Mr. Nel OUSSOU s’est remarié dans sa nouvelle patrie. Sûrement un mariage arrangé pour jouir de quelques avantages de son autre femme américaine. Son épouse, ma marraine était toujours sereine. Mais les jours suivants lui firent apprendre l’existence de Nelson, le garçon de quatre ans du couple américain.

C’était peut être une opportunité mais était –ce responsable?

Pourquoi s’aventurer si loin avec la promesse de revenir, si c’est pour abandonner les siens ? Pourquoi cette quête de bourse à la recherche de compétence, si ce n’est pour revenir reconstruire une Afrique meilleure, une terre plus vivable ne nécessitant pas l’exil ?

La recherche de bourse étrangère, ne doit rester qu’une recherche de bourse. Pas la recherche d’une nouvelle patrie !

Elle attend toujours le retour de son mari, ma marraine. Et moi aussi !!!!!

Annette BONOU

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